NOTICE BIOGRAPHIQUE

 

François Marie 2ème
Denis de Keredern de Trobriand

(1769 - 1809)

 

 

François Marie 2ème , fils aîné de François Marie 1er, chevalier de Trobriand, et de Anna Maria Teresa de Massa y Leunda y Aristiguieta, tante de Simon Bolivar,  est né à Plouigneau (Finistère) le 30 août 1769. Embarqué dès son plus jeune âge, il est aspirant sur la Nymphe en 1780, et est fait prisonnier au cours d’un combat où son commandant, Charles Marie de Trolong, Chevalier de Rumain, fut tué. Il embarque par la suite sur l’Hector puis le Diadème (1781-1782), participant ainsi à la brillante campagne du comte de Grasse au cours de la guerre d’Indépendance. Il est ensuite premier lieutenant sur la flûte le Superbe et blessé grièvement devant Saint-Domingue en 1792.

En l’an II (1793-1794), il est sur la Naïade sous les ordres de Yves François Cornic et, en l’an III, sur la corvette l’Assemblée Nationale où il embarque, comme mousse, son jeune frère Jacques Pierre Romain, alors âgé de 15 ans. Celui-ci débarqua cependant en 1795, trois mois avant le combat que la corvette soutint, le 2 septembre 1795, au large des côtes pleubianaises, contre la frégate anglaise le Diamant et deux autres navires ennemis de plus petite taille. La corvette fut coulée au cours de cet engagement, ayant talonné à l’entrée de la rivière de Tréguier sur la pointe de Plougrescant, mais Denis de Trobriand, dont le commandant, le lieutenant de vaisseau Joseph Corouge, originaire de l'île de Bréhat, avait été tué, ainsi qu’un enseigne et quinze marins, refusa de se rendre et sauva trente hommes de l’équipage qu’il ramena à Plougrescant en passant par l’île d’Er. En représailles, les anglais tuèrent tous les moutons qui, en ce temps-là, paissaient librement dans l'île. Le Directoire devait faire exécuter une gravure de ce combat.

On trouve ensuite Trobriand sur la Hargneuse (an IV) avec laquelle il se battit encore contre la frégate le Diamant pour donner le temps au convoi qu’il escortait de se réfugier à Saint Malo. Puis il embarque (an V) sur le corsaire le Vengeur où il est fait prisonnier. Il commande ensuite la corvette La Société avec laquelle il effectue une croisière en Manche en l’an VI, avant de passer, en l’an IX, sur le Jemmapes avec lequel il fait campagne avec l’Amiral Villaret. En l’an X, à Saint-Domingue, il contracte la fièvre jaune.

En 1808, capitaine de frégate, il commande la frégate l’Amphitrite, appartenant à la division du contre-amiral Hamelin dont la marque flottait sur la Vénus.  Parti de Cherbourg le 10 novembre 1808, en compagnie de la frégate la Junon (commandant Rousseau) et des deux bricks de 16 canons le Cygne (commandant Menouvrier Defresne) et le Papillon, il força, malgré les anglais, l’entrée de Fort-de-France. Il fut tué, par un obus, à coté de l’amiral Villaret, lors de la défense de Fort-Desaix (actuel Fort Saint Louis)(Fort-de-France, Martinique) contre les anglais le 14 février 1809.

Son navire, la frégate de 40 canons l'Amphitrite, avait été détruit et coulé dix jours auparavant (le 4 février 1809) dans la Baie du Carénage à Fort de France. Le fond de carène de l'Amphitrite a été mis au jour en 1960, lors de la construction du quai ouest de l'actuel port de commerce de Fort de France. Aucune mesure de sauvegarde n'ayant été prise à l'époque, cette carène a été détruite. On a pu en récupérer seulement quelques plaques du doublage en cuivre et une planche de bordé qui sont actuellement déposés au Service Régional de l'Archéologie de La Martinique. Le massif de quille, bien conservé, a été utilisé par un entrepreneur pour faire un chemin de roulement pour une grue. Un escalier du Fort Saint Louis porte encore le nom du capitaine de Trobriand.

De son mariage avec Adélaïde Boucault de Mélient  de Rochedu, il avait eu un fils, Joseph Adolphe, et une fille, Mathilde, épouse du vicomte Aimé Huchet du Cintré. Ils sont morts tous deux  sans postérité.

Son fils, Joseph Marie Antoine Adolphe Denis de Keredern de Trobriand, dit le comte Adolphe, né à Morlaix le 12 juin 1800, fut successivement lieutenant d’artillerie de marine (1816), garde du corps (1821), lieutenant de cavalerie (1822) avant de passer dans l’infanterie de la garde royale (1823). Blessé à la prise du Trocadéro, il fut fait capitaine en raison de sa belle conduite. De nouveau blessé à la prise d’Alger, il démissionna après la révolution de 1830, puis se maria (1832) avec Aimée de la Rochefoucauld-Bayers. Il résida alors dans les Côtes du Nord, se présenta à la députation en juin 1842 et fut battu. Il mourut sans descendance en 1874 au Château de la Bergeonnerie, près de Tours, où il s’était fixé à partir de 1870, laissant une œuvre en prose “Une aventure de négrier” (1830) et quelques vers : Boutade (1866), Stances (1870). Son épouse lui a survécu jusqu’en 1895 et, à sa mort, légua la quasi totalité de sa fortune aux pauvres de Tours.