La descendance de Pierre Louis Marie Auguste Denis de Lagarde

On a vu précédemment que Pierre Louis Marie Auguste, né le 2 février 1803 à Paris 10, fils adultérin de Louise Jeanne Nicole Arnolde Dervieu du Villars, dite Fanny, née Denis de Keredern de Trobriand, avait été adopté, sur ordre du Premier Consul, par un de ses fidèles, Pierre Marie François Denis-Lagarde dont on trouvera, plus loin, la biographie. On ne sait que peu de choses sur l'enfance et l'adolescence de Pierre Louis. Il semble probable qu'il ait vécu ses premières années d'enfance à Venise dont son père adoptif était alors chef de la police et où il entretint quelque temps une liaison avec la mère de l'enfant, Fanny Dervieu du Villars.

Pierre Louis Marie Auguste Denis de Lagarde commença sa carrière comme avocat à la Cour royale à Paris puis, le 20 février 1829, il entra à la Chambre des Députés comme secrétaire rédacteur. Il y fit toute sa carrière et dirigea le service de Secrétariat de la Chambre du 1er janvier 1842 jusqu'à sa retraite en 1863. On ne connait pas la date exacte de son décès mais, en 1873, il habitait toujours Paris, au 216 du Boulevard Saint-Germain, et fréquentait apparemment le salon de Victor Hugo. On retrouve en effet trace à cette date (septembre 1873), dans les carnets de l'écrivain, de discussions entre lui et Denis Lagarde.

 

Pierre Louis Marie Auguste Denis de Lagarde

Pierre Louis Marie Auguste Denis de Lagarde (Collection Boal)

 

De son mariage, le 29 septembre 1829, avec Marie Victoire Désirée d'Haussy, fille de Jean Baptiste Joseph d'Haussy et de Nicole David, sont nés quatre enfants, dont une fille, Marie, sans doute morte précocement. A noter que, par jugement rendu par le Tribunal Civil de la Seine, en date du 27 avril 1872, tous les actes d’état-civil concernant les  Denis-Lagarde sont rectifiés, les personnes concernées étant autorisées à porter désormais le nom de Denis de Lagarde

Des deux fils de Louis Pierre Marie Auguste Denis de Lagarde, on sait que l’un, Emile Auguste, né en 1823, fut Sous Préfet et eût un fils Auguste Eugène Charles né en 1849 qui fut Inspecteur des Finances. Celui-ci, de son mariage avec Marie Pauline Henriette Pierret eut une fille, Marie Thérèse Hélène Denis de Lagarde, sans descendance connue; le second fils de Louis Pierre Marie, Ludovic Eugène Denis de Lagarde, né en 1838, décédé en 1911, ingénieur Civil des Mines, fut un temps attaché auprès de l’Ambassade de France à Madrid. Il y a épousé le 12 août 1868, Mathilde Ignacia de la Caridad de Montalvo, née à Cienfuegos (Cuba) vers 1850 et morte à Paris le 7 mai 1885. Le couple a eu huit enfants, dont trois filles, Mathilde Dolorès, Marguerite et Cécile. L’aînée, Mathilde Dolorès Denis de Lagarde, née à Madrid le 14 novembre 1871, a épousé le colonel Théodore Davis Boal, citoyen américain, dont elle a eu un enfant, Pierre Davis Boal, né à Thonon les Bains (France) en 1895, décédé à Boalsburg en 1966, engagé volontaire durant la guerre de 1914 au 1er Régiment de Cuirassiers puis comme pilote dans l’escadrille Lafayette. Il termina la guerre comme officier de liaison auprès des pilotes et observateurs américains détachés dans les escadrilles françaises. Il fit ensuite carrière aux Affaires Etrangères en Europe, au Canada et en Amérique Latine et fut Ambassadeur des Etats Unis en Bolivie. Il prit sa retraite en 1947. Du mariage, en 1919, de Pierre Boal avec Jeanne de Menthon sont nées deux filles : Mathilde, dite « Mimi », mariée à Blair Lee III (1916-1985), Gouverneur du Maryland en 1970, et Mary Elizabeth qui a épousé Gaston d’Harcourt. La seconde fille de Ludovic Denis de Lagarde, Marguerite de Lagarde a épousé un français, Gilbert Sichel du Long, dont elle eut un fils, Alain. Après son divorce en 1912, elle a ensuite épousé son cousin éloigné, Régis Post, gouverneur de Porto Rico et descendant de Philippe Régis de Keredern, baron de Trobriand. La dernière fille de Ludovic, Cécile (née à Paris le 21 avril 1885 et décédée le 9 mai 1918), a épousé l’écrivain américain Owen Johnson dont elle a eu un fils, Régis Owen Denis de Lagarde Johnson. Celui-ci, pendant la guerre, participa activement à l'aide apportée par les Alliés aux maquis de la Résistance Française, en particulier celui de l'Ain.

Pierre Boal en 1916

Pierre Boal aux commandes de son Blériot (1916)

 

Régis Owen Denis Johnson

Regis Owen Denis de Lagarde Johnson ("Captain Paul") de retour dans l'Ain en Septembre 1945

 

On trouvera plus loin l'histoire de la famille Boal qui était propriétaire, aux USA, d’un établissement créé vers 1789, devenu en 1820 Boalsburg, petite ville de Pennsylvanie près de State College, où sont réunis, dans un musée familial, divers souvenirs dont, en particulier, un autel provenant de la chapelle de la famille de Christophe Colomb, son écritoire de voyage, ainsi que plusieurs tableaux relatifs aux familles Denis de Lagarde et Keredern de Trobriand.

La fille de Louis Pierre Marie Auguste Denis-Lagarde, Caroline Marie Eugénie Denis de Lagarde, née à Paris 10ème le 10 Mai 1830, décédée à Rio de Janeiro (Brésil) le 3 Avril 1886, a épousé le 9 Février 1850 à Paris 10ème Marie Louis Eudore Baldou, docteur en médecine, (né le 6 Septembre 1813 à Sauve (Gard), mort vraisemblablement à Paris avant 1886). De ce mariage sont nés quatre enfants :

Le fils aîné, Louis Gabriel Baldou, né à Paris 9ème en 1853, et sans doute mort précocement.

Un second fils, Aimé Baldou, né au Havre le 1er août 1860, décédé à Paris 16ème le 7 juin 1911.

Une fille, Henriette Marie Baldou, née le 2 septembre 1862 à Paris, décédée le 16 mai 1946, et mariée le 19 mars 1919 avec Clément Albert Lévy, bijoutier à Paris, fils de Salomon Lévy et de Rosine Brunschwig. Sans descendance connue.

Le dernier fils , Ludovic Baldou, est né à Paris en 1866. Sous le nom de Baldou de Lagarde , il résidait en 1886 à Rio de Janeiro (Brésil) où il semble avoir mené une vie assez difficile. C’est chez lui que sa mère Caroline est décédée au cours d'un voyage au Brésil en 1886. Il semble avoir ensuite émigré en Argentine où il aurait fait souche, ses descendants y résidant apparemment encore.

Le second fils, Aimé Baldou, géologue et chimiste, a épousé en (1°)  le 10 septembre 1884 à Paris 6ème Irène Adélaïde Zénaïde Pisani dont il divorce quelques années après,  en (2°) le 28 Juin 1900 à Paris 1er, Henriette Barbe Jouvard, (née le 17 Avril 1875 à Troyes (Aube) et décédée le 13 Juillet 1951 à Paris 9ème, fille de Julien Victor Jouvard et de Catherine Varlet). De ces mariages sont issus quatre enfants :

du premier lit, deux fils : Maurice Louis Anatole Baldou, né à Paris le 23 mai 1886, marié avec Hélène Léonie Perron, membre associé de l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Dijon depuis le 30 novembre 1938. Il est mort à Dijon le 26 avril 1960, apparemment sans descendance, mais en laissant une oeuvre abondante tant romanesque qu'historique consacrée à la Bourgogne. Le second fils, Henri Baldou, né vers 1890, n'a laissé aucune trace et a sans doute disparu dans la tourmente de la Grande Guerre.

du second lit, deux enfants : une fille, Marguerite Elisabeth Alphonsine Baldou, et un fils Julien Baldou.

la famille Baldou à Torcy au début du XXème siècle

La famille Baldou dans sa propriété de Torcy
(avec à gauche Marie Jouvard et au second rang Julien et Catherine Jouvard)

 

Marguerite Elisabeth Alphonsine Baldou est née à Paris 9ème le 20 Mars 1901, et décédée à Aunay-sur-Odon (Calvados) le 26 Août 1989. De son mariage avec Fernand Ernest Dubois, officier du Génie, le 4 Septembre 1930 à Paris 10°, elle a eu un fils, Charles Dubois, né à Paris le 8 Octobre 1932, qui, de son mariage avec Christiane Alanic, le 8 Avril 1961 à Paris (née le 25 Décembre 1936, fille de Eugène Jean Marie Alanic et de Marie Anne Le Bayon), a eu lui même deux filles, Isabelle Dubois, née à Paris le 10 Décembre 1961, et Laurence Dubois, née à Paris le 17 Mai 1967.

Julien Baldou, est né à Paris 9ème le 27 Juin 1902, a été baptisé à Vesoul le 23 Août 1903, et est décédé à Ploubazlanec (22) le 21 Avril 1998. Par son mariage, le 21 septembre 1929, avec Andrée Richard, fille d’un magistrat d’origine bretonne, Julien Baldou a renoué avec les racines bretonnes de sa grand-mère paternelle, Caroline Denis de Lagarde. La famille Richard est, en effet, originaire de Lanloup, village proche de Paimpol, et l’épouse de Joseph Richard, Anne Marie Le Yaouanc, avait elle-même ses origines dans le pays du Goëlo.

Pierre Richard (1828-1907), paysan aisé du village de Lanloup (Côtes du Nord), fils de Allain Richard et de Jeanne Gouézou, eut, de son mariage avec Marie Louise Le Payen, sept enfants dont le dernier fut Joseph Marie Lucien, né à Lanloup le 1er juin 1877. Les autres enfants étaient une fille, Marie Françoise, épouse de Julien Royer dont elle eut un fils, Jean, et neuf frères, Pierre, François, Alexis, Eugène (décédé le 20 juin 1922 à Lanloup), Jacques, Narcisse, Yves, Guillaume, qui eut lui même sept enfants, et Irénée qui, de son mariage avec Marie Péron, eut trois fils.

Joseph Marie Lucien, le plus jeune fils Richard, dont on trouvera plus loin la biographie, a épousé, en 1907, Anne Marie le Yaouanc, née le 2 juin 1878 à Hillion (22), fille de Jean Marie Le Yaouanc, sous-brigadier des douanes, et de Anne Marie Guëlou (née en 1851). C’est leur fille, Andrée, née le 16 juillet 1909 à Plouha, qui a épousé Julien Baldou.

La sœur aînée d’Anne Marie, Caroline Le Yaouanc, née à Trélevern (22) le 21 avril 1873, avait épousé à Corlay (22), le 27 août 1898, Yves Marie Léon Nicolas, capitaine au long cours de l’Armement Bordes, né à Tréguier le 30 octobre 1872, de Jean-Baptiste Nicolas et de son épouse Marie Salpin. De ce mariage sont issus deux enfants ; une fille, Marie, née le 20 décembre 1903, agrégée de physique, mariée avec un administrateur civil du Protectorat de Tunisie, Adrien Nicol, et un fils, Yves, né le 25 octobre 1905, qui fit une carrière d’avocat, en Tunisie d’abord, puis au barreau de Saint Brieuc. Yves Marie Léon, quant à lui, trouvera en 1917 une mort glorieuse au commandement de son quatre-mâts, la Jacqueline, coulé dans le golfe de Gascogne, au retour du Chili, par le sous-marin allemand U 101.

Du mariage de Julien Baldou, célébré à Paris 10° le 21 Septembre 1929, avec Andrée Richard, sont issus trois enfants :

Jacqueline Baldou, née à La Goulette (Tunisie) le 7 Juillet 1930, a épousé Bernard André Huguenin, le 10 Septembre 1956 à Ploubazlanec (né le 22 Septembre 1934 à Alger (Algérie), fils de André Huguenin et de Suzanne Revel). De son mariage, Jacqueline a eu quatre enfants, Stéphane, Isabelle, Laurence et Christine (voir généalogie Huguenin).

Jacqueline Baldou

Jacqueline Baldou

Yvonne, dite"Bonnie", Baldou, née à Tunis (Tunisie) le 15 Février 1933, épouse en (1°) Jacques Yvorra, le 12 décembre 1955 à Alger, en (2°) Jean Brichet le 15 avril 1983 à Nantes. Elle a eu 2 enfants de son premier mariage:

Béatrice Yvorra, née à Alger (Algérie) le 5 Janvier 1959. De son mariage avec Jean-François Millot, le 12 Novembre 1988 à Nantes (né le 1er Mars 1958 à Lyon), elle a eu 3 enfants : Marie Millot, née à Chambery le 31 Juillet 1989, Julien Millot, né à Chambery le 1er Mai 1992, Antoine Millot, né à Chambéry le 30 Mai 1994.

Christophe Yvorra, né à Alger (Algérie) le 28 Septembre 1960. Il a épousé à Nantes en 1985, Nathalie Guerzider, (née le 17 Mars 1961 à Nantes, fille de Roger Guerzider), dont il a eu trois enfants : Adrien Yvorra, né à Nantes le 27 Octobre 1986, Clément Yvorra, né à Nantes le 25 Mars 1988 et Thomas Yvorra, né à Nantes le 25 Novembre 1993. Christophe Yvorra et Nathalie Guerzider ont divorcé en 2004.

Yvonne Baldou et Jean Brichet

Yvonne et Jean Brichet

 

Le fils de Julien Baldou, Jean Baldou, né à Bône (Algérie) le 7 Janvier 1942, a épousé Brigitte Cebron de Lisle, le 9 Juin 1970 à Paris (fille de Philippe Cébron de Lisle), dont il a divorcé après une dizaine d’années. De ce mariage est issu un fils, Julien Clément Baldou, né le 25 Mai 1975.

 

Jean Baldou